Rapport annuel 2016/17 : un monde de plus en plus divisé et dangereux

Les dirigeants du monde entier ont multiplié les discours de haine et de peur favorisant le repli identitaire, développant une rhétorique du « nous contre eux ». Des discours qui menacent directement les droits et libertés de milliers de personnes. Rétrospective, à l'occasion de la publication de notre rapport annuel.
Si Donald Trump est emblématique d’une tendance mondiale à défendre des politiques toujours plus clivantes, d'autres dirigeants politiques ne l’ont pas attendu pour assumer des discours fondés sur la peur, l'accusation et la division et remporter le pouvoir.
Les droits humains sont de plus en plus menacés et remise en cause par la multiplication de ces discours. En 2016, des gouvernements ont fermé les yeux sur des crimes de guerre, conclu des accords qui affaiblissent le droit d'asile, adopté des lois qui bafouent la liberté d'expression, incité au meurtre de personnes simplement accusées de consommer des stupéfiants, justifié la torture et la surveillance de masse, et élargi des pouvoirs de police déjà draconiens. Accéder au rapport.

Ibni Oumar Mahamat Saleh

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Photo de IbniIbni, ancien étudiant à  l'Université d'Orléans, docteur en mathématiques, ancien recteur et ministre, principal opposant au Tchad a disparu le 3 février 2008, à N'Djamena.

De la fin janvier au 3 février 2008, l'opposition armée au régime d'Idriss Déby avait lancé un offensive pour prendre N'Djamena. C'est après celle-ci que Ibni a disparu. Il n'a jamais été revu et aucune enquête n'a été menée à son terme. Les autorités du Tchad doivent ouvrir une enquête.
 

Ibni était le dirigeant du Parti pour les Libertés et le développement (PLD) ainsi que le porte-parole d'une coalition de partis de l'opposition civile : dirigeant d'opposition respecté, il était aussi trés apprécié de la communauté des scientifiques mathématiciens et comptait de nombreux amis à la Source, un quartier situé au sud d'Orléans, où se trouve l'université.

 
Ibni a été arrêté le 2/02/2008 en fin d'après-midi avec deux autres personnes  : Loi Mahamat Choua (ancien président tchadien) et Ngalergy Yorongar (député), qui ont été relâchées peu de temps après. Les autorités françaises auraient été au courant, dès le 3 février, de l'arrestation de Ibni et de son lieu de détention. Elles ont cependant toujours nié cela.
 
Sous la pression internationale, et notamment de la France, une commission d'enquête a été créée par le gouvernement tchadien, pour examiner ce qui était arrivé à Ibni. Elle n'a pas été en mesure de l'établir. Elle a recommandé la mise en place d'un comité de suivi incluant des experts internationaux pour poursuivre les recherches et traduire en justice les responsables. Ce comité n'a été mis en place qu'en 2010, sous la pressionde la famille, des collègues, de parlementaires (Jean-Pierre Sueur, Gaëtan Gorce, Françoise Hostalier) et d'ONG telles Amnesty International, ACAT-France. L'enquête n'a cependant pas abouti.
 
Les disparitions sont courantes au Tchad : elles ont été massives sous le régine de Hissène Habré, dont Amnesty International demande le jugement. Il en va de même sous le régime actuel de Idriss Déby.  Voir le rapport d'Amnesty International 2011 sur le Tchad ►

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